I cavalieri delle Dolomiti

Au printemps dernier, Cristian Dallapozza et Tommaso Cardelli ont scellé leurs vélos avec du matériel black crows pour partir sur les traces d’Heini Holtzer, grand précurseur de la pente raide au début des années 1970. Visionnaire des possibilités de descentes en montagne, Holtzer est sans doute le premier grimpeur-skieur à avoir allié alpinisme et pente raide, ouvrant la voie à d’autres skieurs de légende comme Patrick Vallençant et Anselme Baud.

Également originaires des Dolomites, Cristian et Tommaso ont imaginé cette balade à travers trois pays alpins pour répéter quelques-unes des grandes réalisations de leur célèbre compatriote. Ils en ont tiré un film, Finding Holtzer, sous la baguette de leur ami Federico Modina, dont l’accueil enthousiaste du public annécien au dernier festival High Five les a convaincus de faire de nouveaux films. Avant de vous présenter le film dans son intégralité, voici une petite interview des deux protagonistes.

palla-bianca

black crows : Comment vous est venue cette idée de partir sur les traces d’Heini Holtzer ?

Cristian : Holtzer est connu dans les Dolomites grâce aux nombreuses premières qu’il a réalisé par ici et dans le reste des Alpes. Nous avons toujours été fascinés par ce personnage et comme nous aimons la pente raide, l’idée nous est venue naturellement.

black crows : Est-ce que ces descentes sont toujours aussi difficiles 40 ans après les faits ?

Tommaso : Ces descentes ne sont pas faciles du tout. Il y a des trucs vraiment raides, mais surtout les lignes sont spectaculaires. C’est vraiment impressionnant d’imaginer Holtzer skier là 40 ans plus tôt avec son matériel de l’époque. C’est aussi impressionnant de voir à quel point les glaciers ont changé et donc les descentes. Il y a des lignes qui sont quasiment impossibles à répéter parce qu’il n’y a plus assez de glace pour accrocher la neige ou parce que les séracs sont devenus trop volumineux et trop instables.

black crows : Quelle est la reconnaissance d’Holtzer dans votre partie des Alpes ? Côté français, c’est Sylvain Saudan qui accapare le mythe. Holtzer est plutôt auréolé de mystère.

Cristian : Ici dans les Dolomites, il est connu sans être célèbre, parce que ce n’est pas quelqu’un qui recherchait la publicité. Mais, il a fait tant de choses qu’il est considéré comme le précurseur du ski de pente dans la région. La plupart de ses faits d’armes se situent au début des années 1970, environ à la même période que Saudan. Mais Holtzer a surtout skié dans les Alpes alors que Saudan est aussi célèbre pour ses réalisations à travers le monde.

piz-palu1

black crows : est-ce que l’idée d’en faire un film vous est venue naturellement ?

Tommaso : Avant de partir, nous avons décidé de tourner quelques images dans le but de réaliser un petit clip. D’ordinaire, nous filmons peu, préférant nous concentrer sur le ski. Ce film fut une belle expérience, nous avons beaucoup appris et j’espère que notre prochain film saura en tirer les leçons.

black crows : pourquoi avoir choisi de faire cette virée à vélo plutôt que d’utiliser un bon gros 4×4 ?

Tommaso : Nous avons choisi le vélo parce qu’on avait envie de vivre quelque chose de différent. En adoptant un rythme plus lent, on peut voir plus loin et vivre le voyage plus intensément. Notre objectif ne se limitait pas au ski mais englobait le tour. Les liaisons à vélo, les approches et les descentes à ski, c’est tout cela qui en a fait une aventure exceptionnelle.

black crows : vous êtes restés sur vos selles ou avez-vous aussi utilisés les transports ?

Cristian : Les vélos et les remorques étaient parfaits, nous avons roulé à peu près partout, petites et grandes routes, chemins, sentiers etc. Nous n’avons pris le train qu’une seule fois, le fameux train rouge helvète pour franchir un col encore fermé à cause de la neige. Cette pause était tout à fait bienvenue !

P1060310

black crows : quelles conditions avez-vous rencontré ? Vous avez réussi à faire ce que vous aviez projetés ?

Cristian : La météo et les conditions de neige n’ont pas toujours été parfaites, alors nous sommes parfois rentrés bredouilles. Il y a d’abord eu une première semaine idéale au cours de laquelle on a pu réaliser toutes les descentes que l’on avait prévu, mais lors de la deuxième partie du voyage, on a eu beaucoup de pluie et de fortes températures donc on a dû sans cesse modifier notre programme. Cela dit, considérant le temps que nous avions, je suis très satisfait de ce que nous avons réussi à faire.

black crows : depuis combien de temps vous connaissez-vous ?

Cristian : Nous sommes devenus amis pendant la formation de guide et avons commencé à grimper et à skier ensemble. Ensuite, nous avons fondé l’association White Spirit avec Maurizio. Soit une bande d’amis qui glissent et voyagent ensemble et qui organisent des raids à ski avec des clients.

black crows : est-ce que le ski de pente raide est une activité que vous pratiquez souvent ? Vous considérez-vous comme des chasseurs de pente ?

Cristian : J’aime skier en pente raide quand les conditions sont bonnes, mais je ne me considère pas comme un « chasseur de pente ».

Tommaso : Je suis passionné de ski. J’aime skier sur n’importe quelle pente quelles que soient les conditions. Alors bien sûr, j’aime les défis avec une montée technique et une descente raide. C’est quelque chose qui m’a toujours attiré.

P1060498

black crows : Comment êtes-vous devenus crows et quels skis utilisez-vous ?

Cristian : Chaque année, nous organisons un événement de ski test et il y a deux ans, nous avons invité black crows. Nous avons eu la chance de rencontrer Bruno et Simone et c’est là que notre collaboration a commencé. Je skie surtout le corvus, mais ils étaient évidemment trop lourds pour cette aventure, alors j’ai choisi le navis qui constitue le parfait compromis entre le poids et la skiabilité.

Tommaso : black crows est comme une petite famille. J’ai d’abord rencontré Bruno et Simone, puis, au fil du temps, j’ai été amené à skier avec de nombreux crows et c’est super ! L’hiver dernier, j’ai surtout skié les atris les jours de poudre et le navis freebird pour la montagne. À la fin de l’hiver, j’ai essayé le nouveau corvus freebird et je suis prêt à me mettre au rose l’hiver prochain !

DSCN1665

black crows : Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous pensez à ce voyage ?

Cristian : Quand je repense à cette aventure, ma première pensée est que je repartirai demain !

Tommaso : Beaucoup de plaisir et une belle expérience sur des montagnes que je n’avais jamais skié. J’ai hâte de repartir…

DSCN1218