Kristofer Turdell : La bête entre en scène.

Premier du Freeride World Qualifier, ce jeune Suédois arrivé chez les crows en début de saison s’est brillamment qualifié pour le Freeride World Tour 2016. Il répond, substantiellement, à quelques questions.

L’homme n’est pas du genre loquace, il estime plutôt « ennuyeux » de parler de lui-même. Du haut de ses 25 ans, ce skieur impétueux préfère faire profil bas. Mais quand il fait quelque chose, il essaye de le faire bien ; ainsi l’attestent ses deux victoires de rang sur le Big Mountain Scandinavian Championship ou sa première place au Freeride World Qualifier, synonyme de qualification pour le Freeride World Tour. Considéré par de nombreux observateurs comme un skieur d’exception, vertu confirmée par sa régularité en compétition, Kritofer est avant tout un amoureux de ski qui met toute son énergie au service de sa passion.

black crows : Salut Kristofer, alors d’où viens-tu et comment as-tu commencé le ski ?

Du cercle polaire arctique. J’ai appris à skier sur la montagne locale de Dundret, il y a de ça un sacré bail. À cette époque, que se soient mes amis ou ma famille, tout le monde skiait dès que possible.

black crows : Mis à part ta première place sur le FWQ, comment s’est passée ta saison ?

J’ai beaucoup voyagé pour les compétitions, France, Autriche, Italie, Slovaquie, Suisse, donc ça m’a pris pas mal de temps. Mais entre ces voyages, je suis retourné à mon camp de base d’Andermatt pour faire du grand ski.

black crows : Est-ce que tu visais la qualification au moment de t’inscrire sur le FWQ ?

Au début, je n’avais pas vraiment de plan. J’ai reçu une wild card et la confirmation que je pouvais concourir 3 jours avant la compétition d’Hochfugen. Ensuite, j’ai fait un bon run et j’ai gagné. C’est seulement à partir de ce moment que je me suis dit que je pouvais envisager la qualification sur le FWT. Par la suite, j’ai un peu foiré deux compétitions, ce qui m’a permis de prendre du recul pour me motiver encore plus. J’ai donc décidé de faire plus de compétition pour mettre toutes les chances de mon côté afin de me qualifier sur le FWT 2016.

black crows : Tu as plutôt envoyé des tricks ou skié agressif sur ces compétitions ?

À part un backflip à Hochfugen, je me suis surtout concentré sur le ski.

black crows : Est-ce que tu suis les épreuves du FWT ? Est-ce que tu y vois une différence concernant la difficulté des faces ou le niveau ?

Oui, j’essaye de regarder autant que possible. La plupart des faces sont plus longues et plus exigeantes, et bien sûr le ski est d’un niveau plus élevé. C’est comme si, dans un bon jour, chaque compétiteur avait les capacités de l’emporter.

black crows : Et concernant Verbier, as-tu déjà skié le Bec des Rosses, c’est une face qui t’attire

J’ai skié une seule fois à Verbier. Je suis monté voir le Bec et je l’ai observé avec des sentiments partagés. D’un côté c’est une face assez effrayante, mais si j’ai la possibilité de la skier, j’irai avec grand cœur.

black crows : Tu considères la compétition comme une réelle opportunité de carrière ?

Quand mes potes m’ont inscrit au Scandinavian Championship 2011, c’était plutôt pour rigoler, mais cette année avec le FWQ, je l’ai pris plus sérieusement.

black crows : Est-ce que tu comptes t’inscrire au Big Mountain Scandinavian Championship (BMSC) cette année ou comptes-tu souffler un peu ?

Oui, c’est le programme. La remontée au nord est toujours le meilleur moyen de finir la saison pour le ski de printemps et la rando ! Et puis comme j’ai remporté les deux dernières éditions (il a terminé second en 2011 et quatrième en 2012, NDLR), il faut bien que j’essaye de gagner une troisième fois.

black crows : Et cet été, que se passe-t-il après le ski ?

Je n’ai pas encore fait de véritables plans, mais cela va sûrement se résumer à bosser un max afin de pouvoir à nouveau skier la saison prochaine.

black crows : D’ordinaire comment gagnes-tu ta vie ?

Mineur, fermier, consultant… Vente des skis de mes anciens sponsors.

black crows : Tes résultats en compétition sont impressionnants, comment expliques-tu une telle réussite ? Tu es un compétiteur dans l’âme ?

Je pense que mon passé en alpin a son importance et la plupart du temps je suis relax.

black crows : Quels souvenirs gardes-tu de l’alpin, tu faisais de bons résultats ?

Je me rappelle flottant dans les combinaisons trop larges de mes grands frères, et puis les victoires et le froid.

black crows : C’est comment de grandir dans le nord ? Tu skiais beaucoup ?

Les hivers sont longs alors on accumule de nombreux jours de ski. J’ai aussi fait quelques années de ski étude, et puis j’en ai eu marre parce que mes potes avaient arrêté l’alpin.

black crows : Tu as aussi fait du freestyle ?

Oui, un peu quand j’étais jeune, mais juste pour le fun.

black crows : il y avait des skieurs que tu admirais ?

Pleins, autant skieurs que snowboarders.

05_freeride_world_tour2black crows : Est-ce que les sponsors suivent tes résultats ou est-ce que tu dois faire ta propre promotion ?

Jusqu’à présent, je n’ai jamais fait ma promotion, mais j’ai récemment commencé à utiliser Instagram !

black crows : Comment envisages-tu ton avenir dans le ski, des désirs ?

Pouvoir skier pour toujours.

black crows : Comment s’organise ta saison ? Tu fais des allers-retours avec la Suède ou est-ce que tu pars sur la route tout l’hiver ?

D’ordinaire, je commence la saison en novembre en Suède, puis je pars pour les Alpes de janvier à avril, ensuite je reviens pour la fin de saison en Scandinavie où l’on peut skier jusqu’à juin.

black crows : Qu’est-ce que le ski représente pour toi ?

Skier avec tes potes. Skier et rencontrer ta copine. Skier et voyager. Le ski c’est tout.

black crows : Tu as le temps de faire des vidéos ?

J’ai juste fait quelques montages avec des potes.

black crows : Quels domaines skiables ont ta préférence ?

Andermatt, Riksgränsen et La grave, mais la plupart des montagnes sont sympas à skier si tu es en bonne compagnie.

black crows : Est-ce que le ski de montagne et la pente raide sont à ton menu de skieur ?

J’aime d’abord le ski en station pour la quantité de ski que tu peux accumuler grâce aux remontées. Mais j’aime aussi le ski de rando en été pour explorer de nouveaux horizons. Plus c’est raide, meilleur c’est.

black crows : Comment as-tu connu black crows ?

C’est d’abord le remarquable aspect des skis qui a attiré mon œil.

black crows : Quel (s) modèle (s) utilises-tu ?

Aujourd’hui les atris et un peu les anima.

black crows : Quelle est ton opinion sur ces planches ?

Ils mangent les sharks d’Andermatt au petit dej et ont toujours fière allure à l’après-ski. Les atris sont super faciles à manœuvrer et marchent pour tout. J’ai essayé les anima depuis quelques semaines. J’ai une paire en 194 cm, donc super stables à haute vitesse et en réceptions.

black crows : Et concernant la marque ?

Beau design et bonne qualité.

black crows : Qu’est-ce que tu penses de Chamonix

l’instant, je n’y suis allé que quelques jours, suffisant pour me rendre compte qu’il s’agissait d’un des meilleurs spots que j’ai jamais skié. Et puis le marché du samedi matin vaut sacrément le détour.

Sponsors : black crows, Four Elements, Röjk, Alpingaraget, POC